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Fin du Shopping Organic tel que nous le connaissions dans la zone EEE

Depuis la mi-septembre 2026, plusieurs de nos clients e-commerce voient leurs impressions Google bouger sans qu’aucune action n’ait été prise de leur côté. Pas de pénalité, pas de refonte, pas de migration. Pas non plus un énième test de Google qui aurait « encore changé son affichage ». Non, cette fois, Google a retiré une grande partie des carrousels produits gratuits dans l’Espace économique européen, et il s’agit là d’une décision réglementaire, pas d’un ajustement algorithmique. 

On a plongé dans nos données Search Console pour comprendre ce qui se joue vraiment et surtout ce que ça signifie, concrètement, sur votre acquisition et votre chiffre d’affaires organique. Pas de discours alarmiste, juste les faits, nos chiffres, et de quoi vérifier vous-même ce qu’il en est pour vous.

La chronologie, du DMA au 18 septembre 2026

  • 23 juillet 2026 : la Commission européenne inflige à Google une amende de 890 millions d’euros au titre du Digital Markets Act, dont 460 millions d’euros liés à l’auto-préférence sur Google Search. La Commission est claire : un contrôleur d’accès ne peut pas classer ses propres services, comme Google Flights et Google Hotels, en leur accordant une visibilité supérieure à celle de services concurrents.Google dispose de 60 jours pour se mettre en conformité.
  • 8 septembre 2026 : Google annonce une refonte des résultats de recherche dans l’Espace économique européen
  • 15 et 16 septembre 2026 : la bascule devient visible dans les outils de suivi indépendants > le taux de requêtes commerciales affichant un carrousel produit organique s’effondre en Allemagne, en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suède.
  • 18 septembre 2026, dix jours après l’annonce initiale, Google met encore à jour sa documentation sur les unités agrégateur et fournisseur, pour y intégrer les requêtes de commerce local.
Évolution de la présence des carrousels produits organiques dans Google Search. Source : Productrise (https://productrise.app/blog/product-carousels-disappearing-from-google-europe-eea)

Ce que Google confirme, ce que les trackers observent

Ginny Marvin, porte-parole de Google Ads, a confirmé que ce retrait des fiches produits gratuites dans l’EEE découle directement de la mise en conformité au DMA. Nick Fox, vice-président senior en charge de la connaissance et de l’information chez Google, est allé plus loin dans une déclaration à Reuters : il décrit la dégradation de qualité la plus importante subie par le moteur de recherche en 29 ans d’existence, et affirme que ces changements dégradent l’expérience des internautes européens, favorisent des intermédiaires en ligne au détriment des commerces locaux, et suppriment des fonctionnalités utiles auxquelles les internautes sont habitués au quotidien, tout en précisant que les internautes hors Union européenne ne sont pas concernés.

Côté observation indépendante, Productrise, qui suit quotidiennement plusieurs milliers de requêtes commerciales, mesure une chute de 90 à 100 % de la présence des carrousels dans les pays EEE suivis. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie, hors périmètre DMA, ne montrent rien de comparable sur la même période. 

Google documente par ailleurs que l’espace laissé vacant est progressivement occupé par une nouvelle unité, les Comparison Sites, qui met en avant des comparateurs de prix tiers plutôt que les fiches marchands elles mêmes, ainsi que par une fonctionnalité bêta de carrousels en données structurées, sans calendrier de généralisation annoncé.

Ce que nos données clients montrent, chiffres à l’appui

Périmètre Variation
Recherche Web, toutes zones -15,3 %
Mobile -57,4 %
Ordinateur -12,7 %
EEE -39,9 %
Hors EEE +2,1 %
Google Images +1,5 %

-15 % global, un chiffre presque trompeur

Pris isolément, ce -15 % raconte une histoire fausse : celle d’un recul modéré et uniforme. La réalité est plus contrastée. Notre première lecture, chez Foxglove : ce chiffre moyen écrase deux mouvements opposés, une chute nette côté EEE et mobile, une quasi-stabilité, voire une légère progression, côté hors EEE et Google Images.

Le contraste EEE contre hors EEE

L’EEE recule de 39,9 %, le hors EEE progresse de 2,1 %. C’est le contraste le plus parlant de tout le jeu de données, et il colle exactement au périmètre du DMA. Ce n’est pas une coïncidence, c’est la signature d’un changement réglementaire ciblé. Au niveau pays, l’amplitude varie fortement à l’intérieur même de l’EEE : d’après nos premières observations basées sur le panel de projets e-commerces que nous accompagnons, la Suède recule de 70 %, le Portugal de 57 %, la France de 51 %, l’Allemagne et la Belgique de 43 %, les Pays-Bas de 27 %. Hors EEE, les États-Unis (-41 %) et le Royaume-Uni (-21 %) reculent aussi, tandis que la Suisse (+49 %) et le Canada (+35 %) progressent nettement. 

Le contraste mobile contre ordinateur

Le mobile recule de 57,4 %, l’ordinateur de 12,7 % seulement. Cet écart est conséquent, et cohérent avec la nature même du format concerné : les vignettes produits sont un format particulièrement consulté en usage mobile, sur des recherches d’achat rapides. Leur retrait touche donc en priorité ce canal.

A noter : Les limites de ce premier exercice 

Search Console compte les impressions selon des règles propres à chaque type de résultat. Un recul en « Recherche Web » est cohérent avec la disparition des carrousels, mais ce n’est pas, à lui seul, une démonstration causale absolue à partir de nos seules données agrégées.

Ce que ça change concrètement pour votre activité

Si vous vendez majoritairement en EEE

Vous êtes dans le périmètre le plus directement concerné. Avant de vous inquiéter, croisez trois chiffres propres à votre activité : 

  • la part de votre chiffre d’affaires qui passait par ce canal organique, 
  • votre taux de conversion sur ces recherches produit, 
  • et votre panier moyen associé 

C’est cette mise en perspective, propre à votre activité, et non le pourcentage moyen de cet article, qui vous dira si l’enjeu est réellement significatif pour vous.

Si votre trafic mobile pesait lourd dans vos conversions

Le contraste mobile/ordinateur que nous observons suggère un impact potentiellement plus marqué sur ce canal. Si une part importante de votre chiffre d’affaires provenait de recherches produit mobiles, ce point mérite d’être chiffré, sans présumer par avance de son ampleur : le comportement d’achat mobile peut aussi se reporter vers d’autres formats Google, gratuits ou payants, que nous n’avons pas encore assez de recul pour mesurer.

Premiers arbitrages possibles, sans solution miracle

Avant de parler d’arbitrage budgétaire, une précision importante : nous manquons encore de recul, cette bascule a un peu plus d’une semaine au moment où nous écrivons, et Google documente déjà des formats de remplacement (Comparison Sites, carrousels en données structurées) susceptibles d’absorber une partie de la visibilité perdue. Ce n’est donc pas le moment de tout rebudgéter dans l’urgence, c’est le moment de chiffrer, sereinement, ce que ce changement représente réellement pour votre activité.

  •       Basculer une partie du budget vers le SEA : chiffrez d’abord votre coût par clic actuel sur les requêtes produit concernées, et la marge qu’il vous reste pour l’absorber si ce coût augmente avec la baisse de l’offre organique gratuite. Ce n’est un bon calcul que si votre marge le permet.
  •       Investir dans les données structurées produit (schémas ItemList et Product), pour vous positionner sur les futurs carrousels en bêta : un investissement technique raisonnable, au retour encore incertain tant que ce format n’est pas généralisé.
  •       Travailler la présence sur Google Images, canal en légère progression dans nos données, pour un coût de mise en œuvre généralement plus faible que le SEA.
  •       Évaluer une présence via un comparateur de prix (CSS), en mettant en face le coût d’intégration et le volume de trafic réellement qualifié qu’il peut apporter, avant de généraliser.

Gardez en tête que nous manquons encore de recul : Google fait régulièrement évoluer ces dispositifs, et rien n’indique que la situation actuelle sera celle des prochains mois. Si vous voulez qu’on fasse ce calcul avec vous, on est disponibles pour en parler. Le bon réflexe n’est pas de réagir dans l’urgence sur une moyenne sectorielle, c’est de comparer, pour votre activité, le coût de chaque option face à la marge et au chiffre d’affaires réellement en jeu. Et de rester connectés, en veille quand à la suite donnée à ce chantier SERP !

Ce qu’il faut retenir

  • Ce que nous savons : la Commission européenne a sanctionné Google pour auto-préférence sur Search au titre du DMA ; Google a confirmé avoir modifié les résultats de recherche dans l’EEE en conséquence ; des trackers indépendants mesurent une chute quasi totale de la présence des fiches produits gratuites dans plusieurs pays européens ; la documentation Google était encore mise à jour le 18 septembre 2026.
  • Ce que nos données suggèrent : l’impact touche prioritairement l’EEE et le mobile, avec un contraste net face au hors EEE et à l’ordinateur ; Google Images semble épargné, voire légèrement bénéficiaire.
  • Ce qu’il est encore trop tôt pour conclure : si les nouveaux formats de remplacement (Comparison Sites, carrousels en données structurées) compenseront tout ou partie de la visibilité perdue ; si les écarts observés hors EEE (États-Unis, Royaume-Uni) relèvent d’un autre phénomène ou d’un simple bruit statistique propre à notre panel ; et si ce dispositif restera stable dans les prochaines semaines ou continuera d’évoluer, comme le suggère la mise à jour du 18 septembre.

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