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IA rédaction web

L’intelligence artificielle est-elle une menace pour les rédacteurs web ?

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que ChatGPT a été rendu public. Un an c’est à la fois très court et très long, tant l’impact de cette IA générative a été immense sur de très nombreuses activités. De toute évidence, les professionnels de la rédaction web ont eu des moments de doute. L’intelligence artificielle va-t-elle générer un meilleur contenu en moins de temps ? Pourquoi faire appel à un rédacteur si on peut faire mieux plus vite ?

L’objet de cet article est de déconstruire certains a priori, de confirmer des intuitions et de comprendre que le sujet est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tout n’est pas noir ou blanc dans cette histoire. Voyons donc ensemble si cet outil (et d’autres) signe la fin d’une ère pour les rédacteurs web !

Comment fonctionne une IA de génération de texte ?

Une intelligence artificielle générative, comme ChatGPT, fonctionne grâce à un modèle de langage préalablement entraîné sur de vastes quantités de texte. Elle ne génère donc pas exactement du nouveau contenu. Elle se contente de reformuler ce qu’elle a préalablement appris, en utilisant des tournures de phrases différentes.

Ainsi un générateur de réponses comme ChatGPT suit au préalable une phase d’entraînement initial, en emmagasinant un corpus de plusieurs milliards de textes, issus de sources très différentes. Cela comprend des livres, des pages web, des discussions en ligne, et d’autres sources textuelles de ce genre.

Si ce corpus est suffisamment vaste, la loi des grands nombres s’applique. L’IA finit par comprendre d’elle-même comment fonctionne une langue : le vocabulaire, la syntaxe, les règles grammaticales… Cela est possible grâce à un système spécifique, appelé réseaux neuronaux profonds.

Une fois l’outil prêt, celui-ci est en ligne et vous pouvez commencer à lui poser toutes les questions qui vous passent par la tête. L’IA prend en compte le contexte de la requête et génère une réponse en piochant dans son modèle de langage. Contrairement à ce que certains pensent, les informations sont sur une base de données qui n’est pas connectée au web. Vous ne pouvez donc recevoir des réponses sur des faits récents ou des événements qui ont actuellement lieu.

Plus ChatGPT aura d’utilisateurs, meilleures seront ses réponses. Dans un processus d’amélioration continue, il apprend de toutes ses précédentes réponses. Sans compter les nouvelles données fournies au fil du temps…

Quelle est la position officielle de Google à propos des contenus rédigés par une IA ?

On pourrait croire que tout contenu rédigé par une intelligence artificielle serait pénalisé par Google, si celui-ci parvient à le détecter bien sûr. Sa position officielle est pourtant toute autre. Google n’a en principe rien contre l’IA, la seule chose qu’il pénalise étant les contenus de mauvaise qualité. Donc si ChatGPT propose des choses pertinentes, Google n’a aucune raison de le déprécier.

Toutefois, la réalité est plus complexe que cela. Si nous vous avons précédemment expliqué le fonctionnement d’un IA générative, c’est pour vous faire comprendre un point fondamental : elle ne fonctionne pas du tout comme un cerveau humain. Pour le dire vulgairement, elle se contente de “recracher” des informations préalablement produites.

D’une part, celles-ci peuvent être vraies ou fausses, sans que l’IA puisse les distinguer les unes des autres. D’autre part, comme ChatGPT se contente de produire une synthèse, il n’y a aucune réflexion qui va au-delà de ces informations. Cela revient à fonctionner en vase clos. Si tous les sites web du monde s’appuyaient exclusivement sur l’IA pour leurs contenus (situation très théorique), alors ceux-ci ne pourraient plus produire de nouvelles informations. Cela rendrait le web moins pertinent.

Ainsi Google n’est pas contre l’utilisation de l’IA pour certains sujets, comme des définitions par exemple. Mais dès que l’on a besoin d’une réflexion approfondie, le blog de votre concurrent proposant un angle original sera favorisé par rapport à vos textes générés automatiquement. La raison est simple : votre concurrent aura plus de valeur ajoutée dans son discours.

Quels sont les risques de faire appel à une IA pour votre rédaction ?

Abordons maintenant le sujet sensible : y a-t-il un risque ? Malheureusement, oui. Maintenant que nous avons 12 mois de recul sur ChatGPT, la communauté SEO constate que les sites qui sont exclusivement passés à l’IA générative ont vu leurs positions s’effondrer.

L’effet est pervers, dans le sens où l’impact n’est pas instantané. On voit même une progression de la visibilité au départ. Pendant de nombreuses semaines, le trafic organique augmente en même temps que la visibilité. Puis s’opère une correction, qui provoque souvent des chutes vertigineuses.

L’explication la plus plausible est que Google fonctionne mieux avec une grande quantité de données. S’il est facile d’entretenir l’illusion avec quelques textes, les statistiques ne mentent pas quand le corpus devient conséquent. Le moteur de recherche constate que les informations proposées sont moins pertinentes que les concurrents, et donc rétrograde le site.

En l’état actuel des choses, les textes générés par l’outil d’OpenAI sont trop grossiers : il y a de nombreuses répétitions, un manque de fond (faible expertise), et pire encore des informations parfois fausses. Ce dernier point est dû à deux choses. D’une part, ChatGPT a tendance à inventer des faits, d’autre part il s’appuie sur une base de données qui s’arrête à début 2022, ce qui rend certaines données obsolètes.

Imaginons par ailleurs que Google change de stratégie et décide de pénaliser tout contenu issu de l’IA. Comme les textes générés par ChatGPT sont facilement décelables, de par leur structure codifiée, ils sont très faciles à “flaguer” par un algorithme.

En quoi l’IA peut vous aider dans votre rédaction web ?

Ne soyons pas uniquement négatifs et voyons les choses d’un autre angle. Tout rédacteur a été confronté un jour ou l’autre à un problème existentiel : la crise de la page blanche. ChatGPT permet de sortir de ce blocage. Dès la première phase de la rédaction il peut être utile, en vous proposant un plan complet pour votre article de blog par exemple. Bien entendu, il n’est pas question de le suivre aveuglément. Voyez cela comme une base de travail.

Il en va de même pour certains paragraphes de vos textes. Quand vous avez besoin de faire une définition, répondre à une FAQ, ou tout simplement rédiger une Meta Description, ChatGPT vous sera d’une grande aide. Mais vous l’aurez compris, il ne faudra jamais copier-coller un texte brut tel quel. Vous devrez reformuler vos phrases, notamment en retirant toutes les répétitions inhérentes à ce modèle de langage.

C’est un gain de temps si vous le voyez comme une aide ponctuelle, pour les tâches les plus automatisables. Mais nous pensons sincèrement que si vous générez l’intégralité de votre texte via ce genre d’outils, vous prendrez plus de temps à tout reformuler que rédiger vous-même. Profitez de l’opportunité, mais n’en abusez pas !

Qui produit le meilleur travail entre l’IA et le rédacteur web ?

Inutile de faire durer le suspens. A ce stade de notre réflexion, vous vous doutez qu’une intelligence artificielle est encore loin de remplacer les êtres de chair et de sang que nous sommes.

N’oublions pas que Google attend de notre part un contenu original, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Comme une IA générative ne fait que récupérer des informations qu’elle a déjà, elle ne peut pas faire le poids face à une personne capable de développer une réflexion personnelle. Parfois une analyse toute subjective d’un fait permet de se détacher des concurrents. Sur ce plan, nous sommes encore loin de nous faire remplacer par la machine.

Par ailleurs, il ne faut pas juste penser aux algorithmes. L’utilisateur final que vous convertissez n’est pas Google. A ce titre, vous devez donner envie d’être lu. Il est plus facile de se distinguer des autres quand on a sa propre patte, aussi bien sur un plan stylistique que sur le fond. L’IA est pour l’instant très mauvaise en blagues et elle peine à faire des références culturelles cohérentes. Certes, l’humour est secondaire quand vous souhaitez vendre un produit… Mais il est d’une efficacité redoutable pour humaniser votre société. Le style, c’est la personnalité de votre business.

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